Érosion continue de la ligne entre pub et réels résultats de recherche sur Google

Je tombais sur un bon article du magazine Wired hier matin, sur le changement graduel de la présentation visuelle des publicités sur le moteur de recherche Google. En gros, on peut remarquer un effacement graduel de ce qui distingue visuellement la publicité des résultats «organiques» de recherche à l’affichage, lorsqu’un internaute effectue une requête par l’entremise de Google.

Le journaliste remarque que Google élimine de façon graduelle, depuis vingt ans, ce qui distingue la pub des véritables résultats de recherche. C’est graduel mais bien réel.

En date de ce matin, on peut effectivement constater, en effectuant une recherche Google que la seule indication que les premiers résultats affichés (vers le haut) constituent des résultats pour lesquels on a payé (i.e. de la pub), se limite désormais à un très discret «Ad» au début de la description de ces résultats.

Quand une entreprise se plaint de la confusion qui peut survenir en ligne, les tribunaux ont souvent pris en compte le fait que les publicités sur Google sont étiquetées clairement comme telles. C’est à se demander si, à force de tels changements, cela demeurera le cas. Compte tenu du caractère disons très discret de la mention «Ad», peut réellement permettre à l’internaute moyen pressé de faire la différence. C’est certes plus alléchant pour les annonceurs mais cela ne rend pas exactement service à la personne moyenne disons.

 

Google s’en tire malgré sa copie illicite de la base de données (de paroles de chansons) d’un tiers

Je lisais ce matin un article intéressant impliquant Google et une société américaine nommée Genius Media Group, en matière de droit d’auteur et de contrats. On rapportait en effet ce matin un jugement de la Cour fédérale américaine mettant fin à une réclamation contre Google pour avoir copié le contenu de la base de données de paroles que Genius a compilé à des fins de revente de données. Ce que Genius reprochait à Google, c’est d’avoir épluché («scraped») d’une façon automatisée le contenu de la base de données qu’elle a placée en ligne, afin d’utiliser les données en question (les paroles de chansons) à ses propres fins. Bref, Genius prétend simplement que Google a fait ce qui est normalement impossible de faire, à savoir de prouver que le texte résultant chez Google n’a pas simplement été recopié d’une source autre mais provenait bien directement de la base de données de Genius. En pratique, Genius serait parvenue à le faire en insérant dans ses données des filigranes («watermarks») que le système de Google a copié au passage, en même temps que le reste du texte, quand son robot a épluché le site de Genius afin d’en extraire les textes. C’est un peu comme l’histoire des erreurs factuelles insérées à dessein dans les questions de Quelques arpents de piège (dans les années 1980) et qui ont permis de démontrer que des tiers avaient copié la liste de questions en entier, incluant ces erreurs. Même si elle a démontré que Google avait bien copié le contenu de sa base de données, Genius s’est butée cette semaine à une formalité liée au droit américain et voit sa réclamation devant les tribunaux avorter. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que Genius ne possède aucun droit d’auteur quant aux paroles des chansons en question; elle n’est en effet que détentrice d’une licence des artistes et des maisons de disques. La base de son recours devant les tribunaux devait donc se centrer sur le fait que les modalités contractuelles du site de Genius interdisent de copier sa base de données, notamment en l’épluchant comme Google l’a fait. Or, le hic pour Genius, selon le juge, c’est que le droit américain laisse le soin à la Cour fédérale de trancher en matière de droit d’auteur. Oui, vous pouvez vous présenter devant un autre tribunal pour vous plaindre du non-respect d’un contrat, pourvu que vous invoquiez quelque chose de plus que le non-respect des droits d’auteur. Selon le juge ici, le fait pour Genius de se plaindre de l’épluchage de sa base de données (une simple reproduction, en un sens) n’est rien de plus qu’un recours déguisé en contrefaçon de droit d’auteur, pas une véritable question de violation de contrat. Selon le juge, la base de données de Genius est une simple œuvre dérivée des œuvres originales (les paroles des chansons en question), dont l’existence repose presque entièrement sur les œuvres initiales. Le travail de transcription effectué par Genius ne change pas le fait qu’ici, on se plaignait d’une reproduction des œuvres originales par Google. Bref, si on évacue du recours intenté par Genius contre Google les questions de droit d’auteur, il ne reste essentiellement rien qui puisse justifier des procédures devant les tribunaux. La réclamation de Genius doit donc tomber. Il s’agit ici d’un bon exemple du fait que l’interaction entre le droit d’auteur et le droit des contrats peut s’avérer problématique. C’est aussi une bonne illustration du fait que les modalités de services d’un site Web ont leur utilité, oui, mais qu’en pratique, ce n’est pas parce qu’un tiers viole ces modalités qu’au final on pourra nécessairement s’en plaindre.

Google en est à tester une fonctionnalité de logos vérifiés afin de valider l’identité des entreprises expéditrices de courriels à des comptes Gmail

Le site engadget révèle que Gmail comprendrait bientôt une fonctionnalité de logos vérifiée pour les entreprises qui désirent afficher leur logo «officiel» dans leurs communications légitimes expédiées à des comptes Gmail. On espère ainsi rendre la vie plus difficile aux faussaires de tous genres expédiant de faux messages prétendant provenir d’entreprises légitimes. (Forbes avait aussi un bon article à ce sujet récemment.) L’initiative ressemble au concept utilisé sur certains réseaux sociaux, par lequel on donne un indicateur visuel du fait qu’un compte duquel provient du contenu soit associé à un émetteur dont on a validé l’identité ou la légitimité. Le but de ce genre de dispositif s’avère notamment de réduire la possibilité de tentatives de fraude ou de faux messages, tels que ceux qui sont, par exemple, expédiés lors de tentatives d’hameçonnage. Comme l’explique l’article d’engadget, une fois le système en place, les entreprises légitimes pourront obtenir la validation (l’authentification) de leur logo officiel par Google, dont le système Gmail sera dès lors configuré (grâce au système d’authentification des expéditeurs DMARC) pour n’afficher cette version officielle que dans des courriels provenant réellement de l’entreprise en question. Le système réduirait ainsi les faux messages en permettant aux internautes de plus facilement identifier les courriels provenant effectivement de telle ou telle organisation, d’une façon conviviale et sans analyse technique. On comprend que, si le test pilote s’avère concluant et que le système est effectivement enclenché, le système fonctionnera grâce au contrôle qu’a Google sur le mode de livraison des courriels à ses usagers Gmail, permettant d’appliquer à tous les messages un filtre de validation avant de les livrer ou afficher à ses usagers. On comprend que, si le test pilote s’avère concluant et que le système est effectivement enclenché, le système fonctionnera grâce au contrôle qu’a Google sur le mode de livraison des courriels à ses usagers GMail, permettant d’appliquer à tous les messages un filtre de validation avant de les livrer ou afficher à ses usagers.