Christian Varin de la Fédération des inventeurs du Québec finalement épinglé pour fraude

Après des années à lire et à entendre des choses désolantes au sujet de la (prétendue) Fédération des inventeurs du Québec, un tribunal québécois reconnaissait récemment Christian Varin coupable de fraude. Finalement!

Le journal La Presse publiait ce matin un article à ce sujet et rapportant les paroles du juge dans son jugement et traitant, à juste titre, Varin de charlatan. Oui, charlatan et fraudeur, ayant fait des centaines de victimes qui se sont fait arnaquer par un organisme entièrement contrôlé par Varin et promettant des choses qu’il savait pertinemment ne pouvoir livrer aux inventeurs que venaient le consulter, incluant la protection de leurs idées et inventions. Son modus operandi était de promettre aux inventeurs (souvent attirés à lui par des publicités placés à grand fais sur Google) de protéger leurs inventions pour une fraction du prix qu’exigent les véritables agents de brevet.

Si vous disposez de deux minutes, je vous recommande chaudement l’article de La Presse qui cite de bons extraits du jugement, incluant concernant l’insulte à l’intelligence qu’était plusieurs des arguments  et la position adoptée par Varin pour se défendre.

Comme l’indique le jugement, l’accusé profitait d’une prétendue expertise en brevet pour supposément effectuer des recherche internationales et déposer des demandes provisoires qui, comme on le sait, n’ont aucun effet réel, à moins de déposer de véritables demandes d’enregistrement de brevet dans les mois suivants, ce que Varin s’avérait par ailleurs bien incapable de faire -le juge parle d’ailleurs d’incompétence flagrante, oui avec ces mots. Le jugement utilise aussi des expressions telles «supercheries», «mensonges à profusion» et «réponses tortueuses» pour qualifier les énoncés et le dossier de Varin, ce qui permet sans trop de difficultés de conclure à la culpabilité de l’accusé.

On parle ici, on l’espère, du dernier clou dans le cercueil du fraudeur en question, dont l’entité avait déjà été poursuivie par de nombreux inventeurs au civil et laquelle était dans la mire des autorités depuis plusieurs années.

Au risque de me répéter, la protection d’une invention n’est pas une mince affaire et, NON, ne peut normalement pas être obtenue (valablement) sans qu’un réel expert en brevets (i.e. un avocat spécialisé et/ou un agent de brevet) vous aide à préparer puis à déposer une (ou des) demande(s) d’enregistrement. D’ailleurs, ce processus devra être répercuté dans tous et chacun des pays où vous espérez protéger votre invention, le tout sujet à des exigences techniques complexes et des échéanciers relativement serrés pour le faire, avant qu’il ne soit trop tard. C’est très technique, cela exige pas mal de travail avec une gestion sérieuse du processus. Et, pour le redire aussi, oui, c’est très cher; il y a une raison pour laquelle les firmes d’agents de brevet sont si peu nombreuses et peuvent exiger des honoraires aussi substantiels, c’est fichument complexe.

Si quelqu’un qui n’est ni avocat ni agent de brevet vous dit qu’il peut y parvenir à faible coût, posez-vous de sérieuses questions!

L’absence de certification des numéros téléphoniques affichés et l’arnaque «Service Canada»

Depuis quelques semaines, je reçois en moyenne 3 ou 4 appels de tentative de fraude par jour, sur mon cellulaire: des appels prétendument de «Service Canada». Selon un article de La Presse ce matin, je ne suis pas le seul, loin de là.

L’article confirme que la plupart des Canadiens reçoivent souvent des appels automatisés les invitant à composer le 1 pour parler à un préposé du gouvernement qui enquête sur une fraude relative à leur numéro d’assurance sociale. Difficile à croire, mais il semble que l’arnaque circule depuis plus de 5 ans au Canada et qu’elle continue de faire des victimes.

La GRC connaît bien le dossier, mais s’avoue largement impuissante à mettre un terme à l’arnaque en question, notamment parce que les centres d’appels des fraudeurs sont habituellement situés en Inde. Eh oui, les criminels aussi sont passés à la mondialisation.

Si vous êtes curieux de savoir si ce qui se produirait si vous appuyiez effectivement sur 1 lors d’un tel appel, le journaliste l’a fait pour nous, afin de voir là où cela menait. En gros, le malfrat qui prend alors l’appel tente de vous convaincre par divers moyens que votre numéro d’assurance social a été compromis et que vous devez mettre l’argent de votre compte bancaire entre ses mains. C’est évidemment plus complexe que cela, mais c’est le résumé. Même si cela peut sembler risible comme arnaque, des Canadiens (souvent peu éduqués ou âgés) s’y font prendre, dont 739 victimes au Canada depuis juin 2020 seulement! Oui, à permettre à des arnaques pareilles de continuer à tourner, des individus se feront tôt ou tard attraper, c’est la triste réalité.

En pratique, les fraudeurs évitent d’être repérés en affichant des numéros falsifiés sur les afficheurs de leurs victimes potentielles. Souvent, pour augmenter les chances que la cible décroche et prenne l’appel, le numéro choisi adopte le même indicatif régional (514 à Montréal, par exemple). Ce qu’ignorent encore beaucoup de gens, c’est que l’afficheur peut aisément être berné par les fraudeurs. Eh oui.

En pratique, la chose principale qui permet l’existence de cette arnaque, c’est le fait que le système de téléphonie canadien ne permet pas encore de valider le numéro affiché sur notre appareil lors de la réception d’un appel. Difficile à croire, mais le système canadien n’a toujours pas mis en œuvre de système produisant des certificats qui valideraient les numéros déclarés aux afficheurs. Oui, encore en 2020, il suffit à un fraudeur de se munir d’un dispositif très peu coûteux et largement disponible afin d’afficher le numéro qu’il souhaite lors d’un appel (du «spoofing»). On serait cependant à étudier la chose pour y arriver un jour.

En attendant, les Canadiens doivent recevoir les appels en question, sans espoir de recours ni de fin en vue de ce problème. Il faut avouer que même sans risquer de s’y faire prendre, cette arnaque nous cause collectivement des pertes de temps que j’aimerais bien voir enrayées, sans parler du risque que de tels appels font courir à ceux qui s’avèrent vulnérables, mais dotés d’un appareil téléphonique.

Pour le moment, je vous recommande de faire comme moi et de filtrer vos appels. Le problème par contre, en ne décrochant que pour mes contacts dont mon appareil connaît le numéro) c’est que les fraudeurs me laissent alors un message, que je devrai manuellement supprimer. Dans la catégorie «Y en aura pas de facile!».