Justice ultime pour le roi du pourriel canadien?

On rapportait ce week-end que celui qu’on avait surnommé le roi du pourriel, un Canadien de Colombie-Britannique, a été retrouvé sans vie, visiblement assassiné. Le charmant personnage en question (un marginal aux affiliations néonazies) aurait vraisemblablement été abattu par ses comparses criminels, puis son corps a été laissé dans sa voiture, au fond des bois.

Davis Wolfgang Hawke aurait construit un petit empire du crime duquel lui et ses associés tiraient, semble-t-il, quelques centaines de milliers de dollars par année en revenus illicites.

Les forces de l’ordre poursuivaient l’homme en question depuis quelques années, sans succès. Eh bien, les complices du Spam King auront eux-mêmes mis fin à la chasse pour nous tous, en incendiant ensuite le véhicule de la victime, conformément au manuel du parfait petit assassin.

Et si vous pensiez que se mêler de trafics minables du genre de l’envoi de pourriels n’avait rien d’activités liées à de véritables criminels, vous vous trompiez! Raison de plus justifiant l’existence de lois comme la loi canadienne anti-pourriel (la «LCAP»).

Manque de classe? Le CRTC épingle OneClass pour du pourriel et son extension Chrome

Je lisais ce matin un article de Lisa Lifshitz dans Canadian Lawyer nous parlant d’une amende de 100 000$ qu’a accepté de payer la société OneClass (en fait Notesolution Inc.), pour sa violation de la Loi canadienne anti-pourriel (la « LCAP »).

OneClass exploite une plateforme destinée aux étudiants et leur permettant de partager des notes, voire du matériel d’enseignement, etc. Le hic, c’est que OneClass a expédié des courriels promotionnels pendant plusieurs années. Deuxième problème ici, OneClass a installé son extension du fureteur Chrome (OneClass Easy Invite Chrome Extension) sur les ordinateurs de ses clients, sans permission adéquate, en plus de s’en servir pour collecter des renseignements personnels comme des noms d’usagers et des mots de passe.

Il s’agit ici d’un bon exemple du fait que les entreprises qui produisent des composantes logicielles (oui, même de simples extensions de Chrome), doivent éviter de duper leurs usagers au moment de l’installation. Par exemple, dans le cas où un logiciel fera quelque chose d’inattendu, modifiera des paramètres de l’ordinateur ou enverra des messages à partir de votre ordinateur, l’usager devrait le savoir, et ce, sans avoir à éplucher la documentation. L’explication doit être claire quant aux fonctionnalités et être présentée de façon proéminente (évidente) pour l’usager, et non enterrée dans les modalités d’utilisation du service ou de l’application en question!

Les producteurs d’applications doivent aussi permettre aux usagers de retirer l’application complètement, en fournissant systématiquement une adresse de courriel que les usagers pourront utiliser afin d’obtenir de l’aide à ce sujet, au besoin.

Eh oui, il semble qu’en 2020, des entreprises ignorent encore qu’au Canada, l’envoi de courriels promotionnels et l’installation de composantes logicielles sont tous deux à proscrire à moins d’avoir obtenu une véritable permission des usagers.

On peut lire les détails quant à l’engagement ici. Par ailleurs, le CRTC en a profité récemment pour mettre à jour son document explicatif quant aux Exigences de la Loi canadienne anti-pourriel concernant l’installation de programmes informatiques.