Archives de catégorie : Sécurité & criminalité
L’absence de certification des numéros téléphoniques affichés et l’arnaque «Service Canada»
Depuis quelques semaines, je reçois en moyenne 3 ou 4 appels de tentative de fraude par jour, sur mon cellulaire: des appels prétendument de «Service Canada». Selon un article de La Presse ce matin, je ne suis pas le seul, loin de là.
L’article confirme que la plupart des Canadiens reçoivent souvent des appels automatisés les invitant à composer le 1 pour parler à un préposé du gouvernement qui enquête sur une fraude relative à leur numéro d’assurance sociale. Difficile à croire, mais il semble que l’arnaque circule depuis plus de 5 ans au Canada et qu’elle continue de faire des victimes.
La GRC connaît bien le dossier, mais s’avoue largement impuissante à mettre un terme à l’arnaque en question, notamment parce que les centres d’appels des fraudeurs sont habituellement situés en Inde. Eh oui, les criminels aussi sont passés à la mondialisation.
Si vous êtes curieux de savoir si ce qui se produirait si vous appuyiez effectivement sur 1 lors d’un tel appel, le journaliste l’a fait pour nous, afin de voir là où cela menait. En gros, le malfrat qui prend alors l’appel tente de vous convaincre par divers moyens que votre numéro d’assurance social a été compromis et que vous devez mettre l’argent de votre compte bancaire entre ses mains. C’est évidemment plus complexe que cela, mais c’est le résumé. Même si cela peut sembler risible comme arnaque, des Canadiens (souvent peu éduqués ou âgés) s’y font prendre, dont 739 victimes au Canada depuis juin 2020 seulement! Oui, à permettre à des arnaques pareilles de continuer à tourner, des individus se feront tôt ou tard attraper, c’est la triste réalité.
En pratique, les fraudeurs évitent d’être repérés en affichant des numéros falsifiés sur les afficheurs de leurs victimes potentielles. Souvent, pour augmenter les chances que la cible décroche et prenne l’appel, le numéro choisi adopte le même indicatif régional (514 à Montréal, par exemple). Ce qu’ignorent encore beaucoup de gens, c’est que l’afficheur peut aisément être berné par les fraudeurs. Eh oui.
En pratique, la chose principale qui permet l’existence de cette arnaque, c’est le fait que le système de téléphonie canadien ne permet pas encore de valider le numéro affiché sur notre appareil lors de la réception d’un appel. Difficile à croire, mais le système canadien n’a toujours pas mis en œuvre de système produisant des certificats qui valideraient les numéros déclarés aux afficheurs. Oui, encore en 2020, il suffit à un fraudeur de se munir d’un dispositif très peu coûteux et largement disponible afin d’afficher le numéro qu’il souhaite lors d’un appel (du «spoofing»). On serait cependant à étudier la chose pour y arriver un jour.
En attendant, les Canadiens doivent recevoir les appels en question, sans espoir de recours ni de fin en vue de ce problème. Il faut avouer que même sans risquer de s’y faire prendre, cette arnaque nous cause collectivement des pertes de temps que j’aimerais bien voir enrayées, sans parler du risque que de tels appels font courir à ceux qui s’avèrent vulnérables, mais dotés d’un appareil téléphonique.
Pour le moment, je vous recommande de faire comme moi et de filtrer vos appels. Le problème par contre, en ne décrochant que pour mes contacts dont mon appareil connaît le numéro) c’est que les fraudeurs me laissent alors un message, que je devrai manuellement supprimer. Dans la catégorie «Y en aura pas de facile!».
Analyse de données sonores et impression 3D: outils des cambrioleurs de demain?
Dans un exemple des merveilles technologiques qui ne cesseront jamais de (potentiellement) nous compliquer l’existence, des chercheurs publiaient cette semaine leur découverte de la possibilité de deviner le dessin d’une clé grâce au son qu’elle produit en entrant dans la serrure. Oui, c’est semble-t-il bien réel, le son que produit votre clé au moment de déverrouiller la porte peut être analysé afin d’en produire une copie.
Bien que cette curiosité technologique (voir scientifique) touche quelque chose de résolument analogue (i.e. les clés et verrous traditionnels), la nouvelle implique néanmoins un aspect très techno, puisqu’afin d’y parvenir, on doit évidemment utiliser un système d’analyse de données, afin d’inférer du son que produit la clé à quoi elle peut ressembler. Le système parvient alors à un nombre restreint de possibilités les plus probables du dessin de la clé en question, à partir d’un répertoire d’une dizaines de milliers de possibilités, semble-t-il.
D’ailleurs, une fois que le système parvient à 2 ou 3 choix qui pourraient fonctionner, on peut même lier le système à une imprimante 3D, ce qui permet alors de passer de la théorie à la pratique, en quelques minutes seulement, en imitant carrément la clé et en produisant une copie qui pourrait réellement ouvrir la porte en question.
Tiens, je reconsidère soudainement ma réticence à considérer nous équiper de verrous numériques.
